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LM-GT, 8 Heures du Castellet : la course de la Spyker C8 - #124 le 20 avril 2010 - Info précédente

Dans le petit peloton des LM-GT, la Spyker est une auto à part. Ses seules apparitions en course sont soit aux 24 Heures du Mans, soit en Le Mans Series, et comme l'auto est très exceptionnellement sur nos routes, elle attire forcément les regards. D'autant qu'avec son nom particulier, C8 Laviolette, elle ne laisse pas indifférent.

Spyker, c'est un peu comme Courage ou Pescarolo, de ces noms définitivement attachés à l'histoire de l'endurance et des 24 Heures du Mans en particulier. Spyker est une vieille firme automobile néerlandaise, née en 1898 mais disparue en 1922. Sous l'impulsion de l'ingénieur Martin de Bruijn, elle renait en 1999 et produit des autos un peu hors normes, dans la catégorie des Supercars. Le coupé C8 Laviolette est engagé aux 24 Heures du Mans depuis 2003. Sa première apparition en LM-GT en Le Mans Series remonte aux 1000 km du Nürburgring en 2005 où elle termine seconde de sa catégorie. Elle a aussi participé à la course de Dubai en FIA-GT en 2005.
En 2010, l'auto change totalement de livrée (lire ici). De jaune et bleue, elle devient rouge et noire.
L'auto n'était pas prête pour les essais officiels Le Mans Series début mars sur le circuit Paul Ricard HTTT. A l'occasion des essais libres des Huit Heures du Castellet, c'est donc l'occasion de découvrir l'auto, une auto qui n'est pas seulement venue pour faire de la figuration mais qui souhaite intégrer le Top 5 de la catégorie GT2. Peter Dumbreck, Tom Coronel et Jeroen Bleekemolen sont les trois pilotes.

Pour la première séance d'essais libres du vendredi matin, l'auto du Spyker Squadron est comme la BMW M3 du Team Schnitzer, une toute nouvelle auto qui n'a pas roulé. Normal donc que les deux autos soient au bas de la feuille des chronos, à plus de deux secondes du gros du peloton du GT2. La Spyker #86 s'en sort cependant mieux que la BMW. Elle tourne en 2:01.846 pour 2:02.923 pour l'Allemande.
Lors de la seconde séance libre, les choses s'améliorent : l'auto tourne en1:59.843 grâce à Peter Dumbreck et elle se classe septième sur les 13 autos de la catégorie.
Pas d'amélioration du chronomètre lors de la troisième séance le samedi matin, mais l'auto se classe tout de même neuvième de la classe GT2.

Les choses sérieuses commencent avec les qualifications du samedi après-midi. L'auto est d'ailleurs la première en piste. C'est le Néerlandais Jeroen Bleekemolen qui a la charge de la qualifier. Il aligne les tours quand les autres n'ont pas encore quitté les stands. Au final, un temps de 1.59.177 vient récompenser les efforts de l'équipe, ce qui situe l'auto en 9e place sur la grille de départ du GT2, derrière la Porsche de Patrick Pilet et Raymond Narac et devant la Porsche Felbermayr Proton de Martin Ragginger, Christian Ried et Patrick Long.
A l'issue des qualifications, le pilote néerlandais déclare : "Je pense que nous pouvons être satisfaits. Nous avons battu quelques pilotes solides, malgré que nous ayons rencontré beaucoup de sous-viarge sur l'auto ce matin, mais ça va mieux maintenant et c'est bien, ça s'améliore et cela devrait aller encore mieux pour la course demain."
De son côté, le directeur de l'équipe, le Néerlandais Peter van Erp reconnaît que "l'auto a été totalement reconfigurée durant l'hiver, aussi la première session d'essais a t'elle servi de dégrossissage. Dans la seconde session, nous avons pu travailler les réglages et ça a bien été. Cela n'a pas été simple de trouver le bon équilibre avec les pneus Michelin, mais à la fin nous étions les septièmes plus rapides avec les nouveaux pneus. Ce matin, les choses ne sont pas allées aussi bien que la veille. Nous avons à nouveau dû composer avec du sous-virage durant toute la séance. Nous avons changé quelques petites choses pour les qualifications et nous devrions être satisfaits de cette neuvième place quand on voit l'écart qui nous sépare de la Ferrari en pole et les autos qui sont à nos côtés. Comme il s'agit d'équipes et de pilotes très compétitifs, nous devrions pouvoir viser la sixième ou la septième place, bien sûr si les ennuis nous épargnent !".

En course pourtant, si la première Porsche est la grande animatrice du début de course et si la seconde termine sur la seconde marche du podium à l'issue des 8 Heures, c'est une autre histoire pour la C8 Laviolette.
C'est Peter Dumbreck qui prend le départ. Dans les premiers tours, il ne peut que suivre de loin la bagarre de tête qui est lancée sur un rythme de sprint. A 11h54, soit avant le terme de la première heure de course, Peter Dumbreck rentre au stand, avec un problème de moyeu à l'avant droit. Il a été touché par la Ferrari de Dominik Farnbacher avec qui il luttait. Les mécaniciens du Spyker Squadron s'affairent. Le moyeu est remplacé, le plein d'essence est fait et on procède à un changements de pneus. Tom Coronel repart à 12h09. La Spyker est en queue du GT2, avec huit tours de retard. La tenue de route de la Spyker a visiblement souffert : Tom Coronel part deux fois en tête-à-queue au cours de son relais. Il laisse l'auto à Jeroen Bleekemolen après 2h15 de course. Remonter au classement est impossible : le rythme en tête reste celui de début de course. Les pilotes ne peuvent plus que se contenter de faire une séance de roulage "grandeur nature".
Juste avant l'abaisser du drapeau à damier, Tom Coronel signe le meilleur tour en course de la Spyker, en 1:59.967. C'est bon signe, et de bon augure pour les 1000 kilomètres de Spa-Francorchamps dans un mois. Sans cet accrochage et le remplacement du moyeu, la Spyker, a défaut de pouvoir vraiment se mesurer à la lutte en tête, aurait au moins pu espérer un résultat aux portes du Top 5, l'objectif avoué avant la course.
Ce que confirme Tom Coronel : "Je pense que nous avons montré que l'auto est capable d'être dans le Top 5 et je ne mentirai pas en disant que nous aurions sablé le champagne si nous n'avions pas eu ces ennuis. Il y a un réel potentiel dans cette auto, et elle n'a eu cesse de s'améliorer. Pour nous, les pilotes, il a été facile de noter que quand nous avions un peu plus d'adhérence, nous pouvions être dans les cinq chronos les plus rapides. Ce qui signifie que nous aurions pu finir dans le Top 5. J'ai réellement apprécié cette journée. Après les problèmes que nous avons rencontrés, ce qui nous a fait perdre beaucoup de temps, nous avons su tirer le meilleur parti de l'auto et montrer ce que nous pouvions faire. Je pense qu'il est important de mesurer ce que nous savons faire, ce que nous pouvons faire et ce que nous avons réellement fait. Maintenant, je sais où nous en sommes et je pense que nous pourrions surprendre cette année !".
Ce que confirme Jeroen Bleekemolen : "Je suis satisfait. Nous sommes réellement dans le coup. C'est un coup de pas de chance que ce souci en début de course et nous avons perdu pas mal de temps. L'auto était parfaite, elle ne cessait de s'améliorer, et au final, nous étions réellement compétitifs. Il nous reste du boulot, d'autant que chacun va vouloir progresser. Mais les choses se présentent bien pour le suite de la saison."
Même son de cloche chez Peter Dumbreck : "Si l'on considère que cette auto n'avait pas roulé avant ce week-end et que nous n'avons fait aucun test, c'est plutôt très encourageant. C'est vraiment de la malchance que ce contact avec la Ferrari de Farnbacher. Je maintiens que c'est lui qui m'a touché et pas l'inverse. Pour ma part, je n'ai commis aucune erreur. Sans ce problème, nous aurions pu finir dans le Top 5 sans souci ! Le comportement de l'auto lors des derniers relais était parfait. Plus il y avait de gomme sur la piste, et plus le comportement s'améliorait, comme l'an passé. C'est encourageant. Maintenant nous devons travailler pour solutionner ce problème de grip à l'avant, mais en dehors de ça, l'auto a bien été et c'est dans le tout dernier tour que Tom a fait le meilleur temps. Je suis impatient de travailler avec Tom et Jeroen pour la suite de la saison."

Le mot de la fin sera pour Peter van Erp : "Je pense que nous avons réalisé une très bonne course. Ce fut incroyable. Les pilotes ont tiré tout ce qui était possible de l'auto, surtout si l'on tient compte de la malchance qui nous a touché. La Ferrari Farnbacher nous a heurté par l'arrière. La suspension arrière fut endommagée et nous avons dû la changer. Plus tard durant la course, nous avons dû marquer un arrêt pour remplacer le diffuseur avant et résoudre un problème d'écrou de roue. Nous avons perdus 17 tours à cause de ces soucis, aussi une place dans le Top 4 était envisageable. Durant les quatre dernières heures de course, nous avions une des autos les plus rapides en piste. Nous avons un équipage sympa, et avec quelques améliorations et quelques tests, je pense que nous pouvons gagner des courses !".
En thousiaste, confiant et ... bavard le manager : "Vers la fin de l'épreuve, nous avons dû faire un arrêt supplémentaire. L'incident de Peter en début de course avait endommagé le châssis et durant la course, un amortisseur s'est détaché et a touché une roue. Tom a d'abord cru qu'il avait un problème de moteur à cause de la fumée, heureusement, la pièce concernée s'est détachée dans la ligne droite. Il est rentré un stand pour un rapide contrôle, nous l'avons renvoyé en piste et il a même ensuite signé le tour le plus rapide. C'est bien d'entendre que les pilotes ont confiance en l'auto. Comme nous l'avions constaté l'an passé, l'auto s'améliore durant la course. C'est quelque chose dont nous devons tirer partie dès le début de course. Tout confondu, nous avons donc fait une bonne course, mais on a eu notre lot de malchance. Tout le monde a ça durant une saison, si nous l'avons déjà eu, ça sera sympa ! Nous avons encore appris et je suis heureux de participer à une série aussi compétitive !"

La prochaine course de la Spyker #85 C8 GT2-R est programmée pour les 1000 km de Spa-Francorchamps les 8 et 9 mai 2010, une épreuve que la C8 Laviolette avait terminé en 5ème position en 2009, à un tour seulement de la Porsche 997 GT3 RSR Felbermayr Proton victorieuse. Mais surtout à 2.742 seconde seulement de la 4e place détenue par la Ferrari FBR et à 5.184 seulement de la 3e place occupée par la Ferrari JMW Motorsport.
Pour l'édition 2010, Tom Coronel et Peter Dumbreck sont les pilotes annoncés.

Lire ici une interview de Peter Dumbreck.

Les mécaniciens occupés sur l'auto dans les stands le vendredi matin avant les essais Les mécaniciens occupés sur l'auto dans les stands le vendredi matin avant les essais.

Le Coupé C8 Laviolette lors des essais libres le vendredi Le Coupé C8 Laviolette lors des essais libres le vendredi.

Le Coupé C8 Laviolette lors des essais libres le vendredi Le Coupé C8 Laviolette lors des essais libres le vendredi.

La Spyker Coupé C8 Laviolette La Spyker Coupé C8 Laviolette.

La Spyker Coupé C8 Laviolette La Spyker Coupé C8 Laviolette.

La Spyker Coupé C8 Laviolette durant la course La Spyker Coupé C8 Laviolette durant la course.


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